Achetée à sa sortie avec le set résine de chez Hi-Tech (cockpit, volets, parties mobiles de la dérive, roues), attaquée dans la foulée puis remisée tout aussi vite au grenier, suite à une tentative malheureuse de transformation en contrôleur de drones, un regain d'intérêt pour le sujet m'a fait dépoussiérer cette boite. Et après quelques appréhensions à l’ouverture de cette dernière, c’est finalement sans aucune embûche que s’est déroulé ce montage.
Il restait cependant encore, avant cela, à trouver une décoration plus originale que la sempiternelle robe  intégralement Bleu Nuit portée par les "Tigercat" ; mis à part celle de ma première tentative qui était un petit peu plus colorée.  Me voilà donc parti à fouiller la « Toile » à la recherche de la perle rare que, finalement, je trouvais avec cet avion de la VMP-354 basé à PONCE au Puerto Rico en 1949, décoré de la sorte pour un petit "jeu de guerre" entre collègues. Ce camouflage, mêmes s'il reste majoritairement Bleu, est relevé de grands parements Day-Glo qui illuminent grandement cette robe bien triste. 

La MAQUETTE 

Maquette basique (le détail est réduit à sa plus simple expression) mais saine (juste de formes, belle gravure et assemblages corrects), j'ai décidé de lui donner une nouvelle jeunesse en poussant le détail aussi loin que je le pouvais, notamment au niveau des puits du train principal et du système de rétraction des ailes puisque, dans un doux moment de folie, j’ai décidé de représenter ce bel échassier, les ailes repliées. Et la motivation aidant, c’est par ce dernier que j’allais commencer.

Le MONTAGE

Ailes :  

Si comme moi vous utilisez le kit Hi-Tech, laissez les volets de côté ; cela n’apporte rien sinon quelques désagrément lors de leur installation. Par contre, les ailerons devront être désolidarisés puisqu’ils sont dans la réalité légèrement braqués tous les deux vers le bas lorsque les ailes sont repliées. Ces dernières sont, ensuite, coupées en deux en suivant simplement la gravure avec un scalpel. Il ne reste plus qu’à remplir de carte plastique en faisant attention de faire concorder les structures des parties fixe et mobile afin d’éviter de disgracieux décalages lors de l’assemblage final.
Le plastique est aminci à l’aide d’une fraise. La finition se fait en grattant la surface avec une lame de scalpel neuve (on doit pouvoir voir la lumière par transparence lorsqu’on présente la pièce sous une lampe). Le plastique est suffisamment tendre pour que cette opération se fasse simplement et rapidement :

La structure interne de l’aile n’est pas vraiment difficile à réaliser. La difficulté réside surtout dans le fait qu’il faut la reproduire deux fois à l’identique. Je ne vous cache pas que de nombreux assemblages à blanc auront été nécessaires pour que tout s’assemble à la perfection :

Les puits du train principal, bien visibles même lorsque le modèle est posé sur ses roues, feront, aussi, l’objet d’une attention particulière, la sculpture déjà existante ne suffisant pas à donner l’illusion de fouillis bien présent dans la réalité. Fouillis qui sera, par la suite, mis en valeur par des couleurs volontairement très contrastées. 
Le détail d’origine a d’abord été enlevé à l’aide d’une fraise. Les parois sont recouvertes de carte plastique fine (0.13mm) pour masquer les dégâts occasionnés par l’usinage puis on meuble à l’aide de profilés plastique divers et variés en se référant à la nombreuse documentation disponible :


Le travail de peinture est des plus classiques. 
Tout d’abord, une couche de Zinc Chromate est appliquée. Du Mr Masking Sol Neo est déposé à l’aide d’un morceau de mousse :


Puis, la couleur de base est passée. Une fois sec, on enlève le Neo avec un coton-tige et un colour shaper pour les endroit difficilement accessibles :

Un filtre Greenwish Umber est diffusé pour accentuer les ombres et pour marquer les creux. Ensuite, les contrastes sont retravaillés avec la couleur de base mélangée à du Chair. Cette dernière est utilisée pour éclaircir l'Interior Green sans le fader, ce qui se passe si on utilise du Blanc, par exemple. On peut également utiliser du Desert Yellow ou du Pale Yellow, tout dépend de l'effet que vous souhaitez obtenir :

Pour finir, tous les reliefs sont drybrushés avec du Zinc Chromate pour les éclairer :

Au final, les derniers détails sont repris aux acrylique Prince August (P.A.) :

Tout comme pour les puits, l’arrière du moteur, refait en scratch car non prévu dans la boite, est volontairement très contrasté pour qu’il en reste quelque chose de visible une fois en place dans la nacelle :

Les moteurs sont d’origine, seuls quelques « boulons », faits à l’emporte-pièce, et les fils des bougies ont été rajoutés. Ils sont peints en aluminium. Un jus noir acrylique permet de mettre en valeur la gravure des cylindres :

Cutting Edge et Ultracast ont à leurs catalogues des hélices pour remplacer celles du kit, légèrement fausses. J’ai préféré corriger ces dernières en enlevant le surplus de matière sur le bord d’attaque :


Les nacelles, complétées des moteurs et de leur capot, sont enfin assemblées et collées en place sans aucune difficulté ni recours à du mastic ; seul un petit joint visible à la jonction avec le bord d’attaque devra être traité. Ils sont, tout d'abord, remplis avec de la carte plastique et de la cyanoacrylate. Des drains bien visibles, faits en micro tubes, sont ajoutés sous les nacelles : 

Elles sont dans la foulée mis en peinture pour des raisons évidentes de facilité, l’accès étant plutôt difficile une fois l’avion en croix.
Le parement est appliquée sur une sous-couche Blanche « ombrée » avec du Jaune sur lequel on appose, avec un morceau de mousse, de microgouttes de Maskol.
Il servira à moduler la couleur Day-Glo, difficile à patiner à posteriori du fait de sa transparence :

Après avoir frotté la surface avec un coton tige, pour enlever le Neo, on diffuse un premier jus Blanc dans la gravure, en débordant légèrement. Il servira à éclairer le bord de chaque panneau. Puis, on mélange du Bleu et de l'Orange que l'on applique à sont tour dans les lignes de structure : 

La décoration n’étant évidemment pas dans la boite, tous les marquages seront faits aux pochoirs.
Sur cette photo, on voit un premier essai de jus. Loin d’être concluante, la couleur Bleu sera remplacée ultérieurement par du Beige : 

Les traces d’échappement sont d’abord dessinées avec du Marron Clair :

Ensuite, on remplit avec du Noir prés des pipes d’échappement, du Marron Rouge sur le premier tiers et de l’orange sur le pourtour :


Fuselage : 

Tout comme pour les ailes, les parties mobiles (empennage et dérive) sont découpées et remplacées, pour cette dernière, par celle fournies dans le kit Hi-Tech dont la sculpture, trop molle à mon goût, est reprise avec des bandelettes de scotch alu. 
Le cockpit Hi-Tech, de toute beauté, remplace avantageusement celui d’origine quelque peu spartiate. La résine sera cependant désépaissie afin que celui-ci s’intègre parfaitement dans le fuselage. 
Les harnais, faits en feuille de plomb, ont été ajoutés au siège. Les boucles proviennent d’une planche en photodécoupe Reheat Model :

Sa mise en peinture sera quelque peu différente de ce que je fais habituellement puisque les jeux d’ombres et d’éclaircies ne sont plus faits à partir de jus et autres lavis mais créés par la superposition de trois couleurs passées à l’aérographe. Cette technique, aperçue lors d’une démonstration de peinture sur un blindé, permet d’obtenir rapidement des zones très contrastées, particulièrement intéressantes dans le cas d’un cockpit étroit et peu éclairé, comme ici.  
Il est, ensuite, peint en 4 étapes. 
D’abord du Noir pour marquer les ombres :


Puis du Gris Neutre qui servira de base au Vert Intérieur. Ces deux dernières couleurs sont pulvérisées bien perpendiculairement à la surface :


Les reliefs sont mis en valeur avec du Vert Jaune et quelques éraillures sont faites à la mousse avec du vert Pâle :


Enfin, les détails sont repiqués aux acryliques Prince August :


Les deux demi-coquilles sont enfin collées et lustrées afin de préparer la surface pour la pose du rivetage sur toute la partie arrière, opération pour le moins délicate qui va m’occuper quelques soirées et rendre la manipulation de la maquette délicate pour la suite du montage.
Les lignes de rivets sont découpées, en fines bandelettes, dans une planche Archer, posées et scellées à l’aide d’assouplissant Daco Strong.
La quille ventrale a été refaite en profilé plastique pour gagner en finesse, l’antenne ADF est usinée dans une bombe de PZL23 et les antennes fouets sont en corde à piano de 0.3mm de diamètre enfilée dans du micro tube pour représenter l’isolant :

Pour ceux qui voudraient laisser la verrière ouverte, l’opération thermoformage sera obligatoire afin d’éviter ce vide plutôt conséquent. Les montants extérieurs sont en scotch aluminium alors que ceux de l’intérieur sont en profilés de plastique :

Le bidon est correct et ne nécessite que l’ajout de menus détails pour être conforme.
Le pylône moulé par AMT, par contre, est plutôt fantaisiste. Il est coupé et remplacé par de la carte plastique :

La mise en croix n’est que pure formalité et le plus long aura été, en fait, de protéger les zones déjà peintes. Il est à noter, et c’est assez remarquable, que quasiment pas de mastic n’a été utilisé jusqu’ici pour ce montage.

Peinture :

Tout comme pour les nacelles-moteurs, on commence par peindre les parements Day-Glo et, tout comme pour ces dernières, la technique est identique. Ils sont, ensuite, protégés avant l’application du camouflage. La patine a été légèrement accentuée par rapport à la réalité (les photos en ma possession montrent, en effet, un avion relativement propre) afin de donner un peu plus de vie à cette robe unie :



La phase de peinture en trois étapes : 
1) Du Zinc Chromate comme base est passé uniquement sur les zones qui seront par la suite éraillées :



2) Du Bleu plus clair (H54) est ensuite pulvérisée sur l’ensemble du modèle :


3) On recouvre le tout de la couleur définitive (H55). Entre chaque étape de peinture, du Neo - équivalent chez Mister Hobby du Maskol - est déposé avec un morceau de mousse qu’on retirera au final avec des cotons-tiges (la même technique a été utilisée lors de la mise en couleur des nacelles moteur) :


Tous les marquages sont faits aux pochoirs. Ils sont découpés dans une feuille d’Oramask. Les stencils proviennent d’une référence Verlinden :


Une alternative aux jus pour mettre en valeur les lignes de rivets est d’utiliser des pigments. Le surplus est enlevé en soufflant puis ils sont fixés avec une brosse imbibée d’essence F ou de White Spirit passée dans le sens du vent relatif :


Les jus sont faits à l’acrylique diluée à l’eau et par capillarité. Pour faciliter la diffusion, on peut rajouter du Fiel de Bœuf au mélange :


Le marbrage est réalisé avec la couleur de base mélangée à du Deck Tan. Au final, du vernis Satiné est pulvérisé sur l’ensemble de la maquette pour lui donner un aspect légèrement brillant :

Le dessous du fuselage est empoussiéré avec un voile de Terre. Certaines zones, la queue et le prolongement du puits de train avant, sont accentuées au pigment « European Earth » :



Pour trancher avec le reste de l’avion, la patine du bidon est beaucoup plus poussée :

Le train ne nécessite aucun travail particulier, seules les tubulures ont été rajoutées. Le numéro 13 sur la trappe avant a été imprimé sur une feuille de décal vierge. Les roues Hi-Tech remplace avantageusement celle du kit dont les pneus en vinyle ont une fâcheuse tendance à faire fondre le plastique :


Les derniers éléments, tels les trains et trappes, bidons, etc., sont positionnés sans aucun souci particulier. Le vérin de rétraction, oublié par le fabricant, est ajouté. Il est fait en micro-tube tout comme les canons des ailes :



Un peu plus rude fut, par contre, la mise en place de l’antenne filaire, réalisée en fil de pêche de six centième collé à la colle cyanoacrylate. 
Les entrées d’air des bords d’attaque sont obturées par des capots faits en carte plastique. Ils sont complétés d’une bande « Remove Before Flight » taillée dans de la feuille de plomb. Le tout est peint en rouge vif apportant ainsi une touche de couleur supplémentaire.

Il ne restait plus qu’à trouver un moyen solide et discret de fixer les moignons extérieurs des ailes, moyen qui doit permettre le transport du modèle en toute sécurité. Et c’est en fouillant le web (merci encore à ses géniaux inventeurs !) que j’ai trouvé une photo d’un « Tigercat » se faisant tracter par un véhicule sur une route et dont les extrémités des ailes reposent sur une barre enfichée entre celles-ci et la partie fixe de l’aile. Il n’y avait plus qu’à refaire à l’identique en utilisant de la corde à piano pour l’âme et du micro tube pour l’enveloppe :


CONCLUSION :

Il est un dicton qui dit : "c'est dans les vieux pots que l'on fait les meilleures soupes" et ma foi, c'est un peu vrai pour cette maquette. Et même s'il a fallu rajouter quelques ingrédients pour la mettre au goût du jour, la justesse des formes et la perfection des ajustements n'ont pas grand-chose à envier à d'autres marques plus "modernes".
 


F7F-3 Tigercat AMT/ERTL 1/48